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ACTION SYNDICALE ET HISTOIRE DE L’EPS
1969-2000 : L’ACTION
DU SNEP : QUELLE COHERENCE PEDAGOGIQUE ET POLITIQUE ?
Jacques Rouyer, président
d’EPS&SOCIETE
Secrétaire général du SNEP de 1979 à 1997
PREAMBULE : Vous
avez dit politique ?
L’analyse de l’action du
SNEP n’a de sens et d’intérêt que rapportée
à l’Histoire globale de l’EPS dont elle constitue sans
aucun doute une composante importante ; et cette histoire doit elle-même
être conçue comme une histoire « politique »
au sens noble du mot, c’est à dire, capable de situer les
enjeux de l’EPS dans la vie de la Cité et ne pas se limiter
au seul débat pédagogique interne de la profession, ce qui
entraîne souvent de nombreux contresens.
A contrario, l’approche « politique » ne saurait se
réduire non plus à une reconstruction hasardeuse et déductive
de l’Histoire (la petite histoire ?) à partir de l’engagement
politique réel ou supposé des responsables syndicaux. En
revanche, sans ignorer ce paramètre et ses interférences,
elle doit d’abord rendre intelligible la dynamique principale de
cette histoire dont l’enjeu fut pour l’essentiel et pour le
Second Degré : démocratisation d’une EPS à
contenu culturel ambitieux dans l’école, ou pénurie
assortie souvent de divers expédients extrascolaires.
Signalons une autre interférence plus sérieuse qui mériterait
développement et qui concerne l’implication du SNEP dans
les actions sur les questions globales de l’école, de la
fonction publique, et autres enjeux sociaux, ceci compliqué par
les divergences d’orientation dans le syndicalisme enseignant comme
dans l’ensemble du syndicalisme français.
• Deux politiques
opposées
Oui, deux visions d’une politique de l’EPS se sont bien affrontées
avec des variantes selon les périodes. Soulignons, du côté
des pouvoirs publics et malgré de rares exceptions, la constance
dans l’utilisation d’une panoplie sommaire de « recettes
de gestion de la pénurie » : mise en cause des horaires,
des moyens du sport scolaire, de la quantité et qualité
des recrutements, solutions extrascolaires, faiblesse des contenus, pauvreté
des équipements. Ces politiques témoignent d’un fait
de civilisation : une EPS encore traitée comme un luxe éducatif
! Et pourtant, par comparaison avec d’autres modèles nationaux,
on peut presque parler d’une « exception française
» positive.
Enfin, donner une explication « politique » à l’histoire
de l’EPS c’est aussi montrer que tous les évènements
« EPS » ont été les produits du rapport de force
existant à un moment donné entre ces deux volontés
politiques et leurs moyens de pression respectifs, le résultat
pouvant être immédiat ou différé dans le temps.
C’est une problématique qui, curieusement, gêne encore
malgré les évidences et qui pour certains, relève
d’un « a priori idéologique », voire du fantasme
honni de la « lutte de classes » !
Il faut souligner de surcroît dans le cas qui nous intéresse,
que ce rapport de force a mis en jeu, non des appareils de sommet ou des
tractations de couloirs mais d’un côté, une profession
- non homogène mais assez bien organisée, avec des alliances
variables - et de l’autre, les pouvoirs publics, avec des succès
et des échecs des deux côtés.
• Un «
fait professionnel » remarquable
L’hypothèse que nous voulons développer, c’est
celle d’une profonde continuité d’orientation syndicale
de 1969 à 2000 - non sans erreurs ni faiblesses - qui n’a
fait que refléter la volonté largement majoritaire de la
profession, sans oublier ni le pluralisme interne au SNEP, ni le pluralisme
externe de la profession avec ses autres organisations syndicales et pédagogiques.
Mais il faut quand même tenir compte des nombreux indicateurs de
représentativité, de syndicalisation, de « rayonnement
» (colloques, livres) pour une profession qui a plus que doublé
en 30 ans.
Le SNEP est passé de 5600 syndiqués en 1971 à 11
000 en 1999 sur fond d’affaiblissement du syndicalisme enseignant
; aux élections professionnelles officielles, il recueille, pour
les professeurs, 86% en 1971 et 81% en 1999 (et 18 000 voix toutes catégories
confondues : professeurs agrégés et chargés d’enseignement).
Ainsi, reconnaître et rétablir le rôle de la profession
et son rapport au syndicat, c’est un peu remettre l’histoire
sur ses pieds. Des thèses actuellement en préparation s’intéressent
heureusement à cette dimension de notre histoire. Enfin il faut
tenir compte de la présence du SNEEPS, syndicat des maîtres
d’EPS, certes moins nombreux, mais dont la stratégie corporatiste
a souvent compliqué les choses jusqu’en 1993.
Ce qui caractérise selon nous l’ orientation majoritaire
du SNEP, c’est la volonté de cohérence entre des exigences
ambitieuses de contenu pédagogique lié aux pratiques, et
une visée culturelle, sociale et politique progressiste pour L’Ecole
et la société : c’est cela qui a permis une stratégie
professionnelle et syndicale durable, inséparable d’une stratégie
d’alliances large ( parents, élus, sportifs, etc.). Son sens
profond : une certaine idée du professeur d’EPS comme militant
culturel et comme citoyen.
Pourtant, des années 60 au débat récent sur les Programmes,
elle a été parfois incomprise ou déformée.
• Trois courants pédagogiques
et politiques
C’est pourquoi il nous semble indispensable de proposer maintenant
une sorte de grille de lecture mettant en évidence la réalité
des 3 courants d’idées qui ont animé notre histoire
et dans laquelle le SNEP a été conduit à mener une
stratégie de lutte sur 2 fronts.
Ensuite nous exposerons les conditions d’émergence de cette
orientation et sa concrétisation dans quelques étapes significatives
: les CAS et la loi Mazeaud, le plan Soisson, le rattachement à
l’EN, les années difficiles de 1983, 1989, les épisodes
des 4 heures 6è et des Programmes collèges.
La plupart des Histoires de l’EPS
reposent sur ce schéma réducteur : l’opposition entre
un « courant sportif » et un « courant pédagogique
», comme si le débat ne se passait qu’entre enseignants.
Cette vision posée « a priori » est inexacte et rend
inintelligible de nombreux évènements .
En réalité, si on n’oublie pas les politiques gouvernementales
et les idées dominantes, il y a eu, en simplifiant, trois orientations
idéologiques et pratiques pour l’EPS :
1. le courant « animation sportive
» - avec ses dérives technicistes, élitistes, libérales
et qui illustre la confusion EP/Sport ;
2. le courant pour un enseignement sportif humaniste ou plus largement,
pour une EPS à contenu culturel et social dont les racines ont
été évoquées précédemment et
qui a appelé l’élaboration de contenus didactiques
et pédagogiques pertinents ;
3. un courant formaliste ou généraliste, et /ou antisportif,
soucieux également de fondements scientifiques, courant qui prend
le relais d’une tradition médicale auparavant militaire.
Soulignons que les deux derniers courants,
opposés entre eux, ont été heureusement alliés
contre le premier, tout en s’enrichissant mutuellement. Pourtant,
certains «historiens », tenants du troisième courant,
ont fait régulièrement, de bonne ou de mauvaise foi, l’amalgame
entre les 2 premiers courants en les confondant sous l’appellation
contestable de « courant sportif », ce qui entraîne
de sérieux contresens.
Ces 3 courants correspondent d’ailleurs
à 3 conceptions du sport :
1. pour le sport tel qu’il est,
avec l’idée que cela se pratique et ne s’enseigne pas,
donc à la fois luxe social, diversion, moyen de sélection,
objet de commerce ;
2. pour une approche critique et contradictoire du sport comme objet culturel
et social et, à cette condition, objet d’enseignement et
d’apprentissage, en cohérence avec un projet de transformation
sociale. Cette approche est également pertinente pour les pratiques
de Danse dans le cadre d’une vision élargie du rapport éducation/culture
physique contemporaine ;
3. globalement contre le sport et pour d’autres pratiques corporelles.
Avançons une réflexion
peut-être prématurée. Sous la tutelle JS, l’opposition
du deuxième courant ne s’est-elle pas principalement exercée
contre le premier, alors que dans le cadre de l’EN, elle s’est
surtout exprimée contre le troisième ? A voir !
I - COMPRENDRE 1969 : Pourquoi
cette nouvelle majorité au Syndicat des professeurs d’EPS
?
Comprendre 1969, c’est faire la
part de la continuité et de la rupture.
Le changement de majorité syndicale au SNEP est-il seulement la
défaite de la direction précédente qui aurait fait
des erreurs ? C’est un peu court. Cela n’a t-il pas été
préparé en amont ? et par quel mouvement profond ?
• Les racines
lointaines de 1969
Elles peuvent être résumées en 3 dates : 1936-1945-1958.
Les acquis du Front Populaire (congés payés, loisirs, idées
de Léo Lagrange), puis l’élan de la Libération
(programme du Conseil national de la Résistance, plan Langevin-Wallon
) ont popularisé de nouvelles exigences démocratiques pour
L’Education et la culture.
C’est la conjonction de ce mouvement social et politique progressiste
assez fort et de la relative popularisation du sport qui va conduire dans
la même période - chez les enseignants d’EPS notamment
- à la formation de l’idée « d’éducation
sportive » ou de « sport éducatif ». Cette idée
est née en cohérence avec l’utopie culturelle et sociale
d’un sport humaniste, y compris avec les illusions de l’époque
sur les pays socialistes ( idées de Maurice Baquet, de Joffre Dumazedier
avec Peuple et Culture). Ce courant se développe en s’affirmant
à la fois, contre les idées dominantes sur le sport (activité
de diversion sociale et source de profit) et contre les conceptions militaires,
« naturelles », médicales ou généralistes
(Seurin) de l’EP.
De son côté, à partir de 1958, la politique de Maurice
Herzog, nouveau Haut Commissaire à la Jeunesse et aux Sports, va
prendre en compte ce besoin social « sportif » et manifester
une volonté d’Etat de promouvoir une initiation sportive
pour la jeunesse assortie de préoccupations élitistes, ce
qui provoque les méfiances pédagogiques et politiques justifiées
des enseignants. Herzog avait un très lourd handicap malgré
son prestige sportif : un gouvernement issu d’un coup d’état,
un haut commissariat signifiant le non rattachement à l’EN
suspect de vouloir embrigader la jeunesse, une guerre d’Algérie
qui va encore durer 4 ans ( comment peut-on l’oublier alors qu’elle
a concerné des centaines de professeurs et d’étudiants
et qu’elle explique l’engagement politique de beaucoup ?).
C’est pourtant dans ce contexte que vont continuer à se construire
surtout dans les pratiques, non sans tâtonnement et empirisme, les
premiers contenus d’un enseignement sportif à vocation éducative,
ce qui est effectivement porteur d’une rupture de sens et de contenu
pour l’idée même d’Education physique. Leboulch,
notamment défendra une autre cohérence, avec la psychocinétique.
Ainsi, le ciment identitaire d’une partie majoritaire de la profession
va se former par fusion d’exigences éducatives et scientifiques
et de convictions sur la valeur culturelle possible des « APSE »
(Activités Physiques Sportives et d’Expresion), le tout s’inscrivant
dans des perspectives sociales et politiques démocratiques.
C’est donc, pour les professeurs d’EPS, la rencontre historique
entre Education et culture sportive qui est à ce moment capitale
et non le contexte conjoncturel « gaulliste » ni même
la présence active des militants communistes.
• Les racines proches de
1969
Les années 60 vont être des années de mûrissement
pour la profession dans le prolongement du mouvement d’idées
précédent. C’est ce mouvement qui va devenir majoritaire
dans le SNEP comme l’a bien souligné C-M Prévost (Dossier
EPS n°15, p 393) et qui va s’exprimer clairement dans la motion
pédagogique de la liste « Unité et Action »
rédigée pour le congrès 1969 (bulletin SNEP 128 -
mars 1969)
Ce sont en effet des années d’effervescence pédagogique
et politique : expérience du lycée de Corbeil, rayonnement
des ENSEPS, mouvement des Républiques des Sports parti de Calais,
stages de Sète avec la FSGT, renouvellement des conceptions de
l’entraînement sportif, stage de sport-co de l’Amicale
de l’ENSEP… Les I.O de 1967 vont plus ou moins bien entériner
ce mouvement, au prix de quelques compromis conceptuels, mais en posant
pour la première fois au plan politique la question capitale et
nouvelle du droit d’accès de tous, par le système
éducatif public, au domaine de culture des Activités physiques
sportives et d’expression.
Ainsi, en décembre 1968, à l’initiative du SNEP de
l’époque (Claude Pineau était secrétaire pédagogique)
se tiennent les premiers « Etats Généraux de l’EP
et du Sport éducatif », titre significatif !
Concernant le SNEP d’autres facteurs vont peser : l’unité
qui se développe dans la puissante FEN - à laquelle le SNEP
est affilié - contre le pouvoir personnel du Général
de Gaulle, contre le terrorisme de l’OAS contre les atteintes à
la laïcité, va favoriser l’union des deux principaux
courants du SNEP de 1963 à 1967, et encourager un syndicalisme
unitaire.
Pendant toutes ces années, il faut citer le rôle méconnu
de militants comme Jean Guimier (représentant « Sport libre
» dans la Résistance) qui a défendu l’idée
neuve d’un syndicat d’action collective pour promouvoir l’EPS
et qui a donné ses lettres de noblesse à l’action
pour une politique d’ Equipements sportifs modernes, adaptés
pour l’école.
• 1968
Enfin, en 1968, c’est la grande révolte sociale et universitaire
qui relance fortement les exigences d’éducation et de culture.
L’intégration universitaire des formations APS-EPS y trouve
son point de départ avec la loi d’Orientation Edgar Faure,
les 5 heures d’EPS sont réaffirmées. (a-t-on raté
l’intégration à l’EN ?). Le syndicalisme enseignant
est secoué, son « réformisme » gestionnaire
est contesté. Mais la droite se réinstalle au pouvoir, avec
Jacques Chaban-Delmas comme premier ministre.
• 1967+1968=1969
?
C’est donc l’ensemble de ces données pédagogiques,
syndicales, politiques qui, en Mai 1969, va conduire dans le SNEP (4500
syndiqués sur 7000, 90 % aux élections professionnelles)
à l’élection de justesse d’une nouvelle direction
« Unité et Action » avec Marcel Berge comme Secrétaire
général, sur une liste ou figurent notamment R. Mérand,
R. Deleplace, P. Goirand, A. Davisse. A partir de 1969, l’influence
de UA va progresser régulièrement.
La différence avec UID (Unité,
Indépendance, Démocratie, courant de la majorité
« Autonome » de la FEN) s’est faite sur la cohérence
entre objectifs pour l’EPS, style d’action syndicale collectif
et revendication de changement social, même s’il y avait des
convergences au plan pédagogique avec une partie de ses militants.
L’ancienne direction a t-elle payé un style d’action
bureaucratique ? le « préjugé favorable » imprudent
décerné en 1958 à Maurice Herzog ? des faiblesses
vis à vis de la guerre d’Algérie ? Philippe Néaumet,
dont l’attachement à la profession a été incontestable,
avait-il cherché à être cohérent avec son engagement
à la SFIO, laquelle avait soutenu de Gaulle en 1958, contrairement
à la direction de la FEN ? Le courant UID ou autonome va rapidement
régresser après une tentative de scission avortée.
De son côté, en 1969, un autre courant comptant 14% des suffrages
défendait une autre cohérence en s’opposant aux IO
de 1967 et à l’attitude « collaborationniste »du
syndicat, c’était la tendance du Manifeste qui a réuni
un temps, Brohm, Leboulch, Personne avant de se diviser.
• Aboutissement et….
Point de départ
Mais, 1969 c’est aussi une rupture politique pour l’EPS, le
style Herzog fait place au style plus vindicatif de Joseph Comiti. La
suppression des ENSEPS, « foyers de subversion »selon le ministre,
va symboliser cette rupture.
II – 1969 : DEBUT D’UN
BRAS DE FER DE DOUZE ANS
• Une première
grève
Fin 1969…La pression « post-1968 » conduit à
réaffirmer les 5 h (« Nous n’en démordrons pas
» proclame le Premier ministre Chaban-Delmas )…ce qui suppose
de doubler les enseignants d’EPS. 1100 postes sont quand même
offerts au CAPEPS 69.
Mais « Comment se sortir des 5 heures ?» se demande le ministre
fin 1969.
A partir d’un budget en régression (0,65% du budget de l’état),
Comiti décide comme priorité : 3 h collège et 2 h
lycée, ce qui entraîne une vaste opération autoritaire
de transferts de postes. Des projets d’animateurs à l’école
et de Carrefours Sportifs, structures mixtes extrascolaires, sont avancés,
c’est la première concrétisation du courant «
animation ». Enfin, pour récupérer des heures, l’animation
de l’Association sportive incluse pour 3 heures dans le service
est proposée en vacations (donc bien avant les CAS !)
Dès juin 1969, les ENSEPS ( 450 traitements, un foyer de «
subversion » !) avaient été liquidées pour
créer un établissement national non universitaire.
Tout cela va fonder, le 10 mars 1970, la réussite de la première
grève de la profession à l’appel du SNEP seul, grève
qui bénéficiera d’un grand retentissement national
et qui a permis d’afficher explicitement les exigences suivantes
: rattachement de l’EPS à l’EN, recrutement de 2500
professeurs, refus des animateurs à l’école, maintien
des ENSEPS, sauvegarde des moyens du sport scolaire et programme d’équipements
sportifs ; donc, opposition globale sur une politique de l’EPS et
concrétisation d’une stratégie syndicale élémentaire…
La suggestion selon laquelle le SNEP refusait le dialogue pour «
a priori politique » ne peut que faire sourire !
• Une grande alliance
Les 23 et 24 mai 1970 se tiennent à Paris les Assises de l’EPS,
du Sport et des activités de pleine nature, avec près de
700 délégués. Ce sont de véritables Etats
Généraux qui donnent l’idée du rapport d’influence(s)
existant dans la société française sur ces enjeux.
On peut y voir un fait de civilisation nouveau et important.
C’est en effet la 1ére concrétisation exemplaire et
originale d’une vaste alliance unitaire et sans confusion pour le
développement de l’EPS à l’école mais
aussi pour la démocratisation des Activités sportives et
de pleine nature : 300 assises locales, 40 organisations nationales (
parents d’élèves, OMS, collectivités locales,
médecins, FSGT, syndicats, mouvement laïque et d’Education
Populaire et de Jeunesse et très peu de Fédérations
sportives…) .Le Snep en a été un des éléments
moteurs. Cet évènement pèsera à l’évidence
pour les CAPEPS 1971 et 1972 qui bénéficieront de 1030,
puis de 1050 postes. Une troisième loi programme pour les équipements
sportifs sera votée en 1971.
Un Comité pour le « doublement » du budget J-S va naître
de ces Assises. Il va être à l’origine dans les années
suivantes de plusieurs manifestations unitaires marquantes (10000 manifestants
le 8 juin 1972, à Paris). Très logiquement, les militants
du courant minoritaire du SNEP proche du 3è courant évoqué
initialement vont contester cette alliance parce qu’elle demande
aussi des crédits pour le sport.
Pourtant les Assises vont reprendre les principales revendications du
SNEP et notamment le rattachement à l’EN, un recrutement
accru de professeurs avec une formation universitaire et le refus d’animateurs
à l’école.
Ceci contribuera fortement à l’intégration de ces
exigences dans le Programme Commun des partis de gauche signé en
1972, exigences qui seront maintenues fort utilement jusqu’en 1981
dans les programmes de la Gauche.
Ces assises sont souvent oubliées, peut-être parce qu’elles
contredisent le schéma d’une stratégie partisane du
SNEP ?
III - L’OPPOSITION
AUX CENTRES D’ANIMATION SPORTIVE ET A LA LOI MAZEAUD
• 1972 : l’invention des
CAS
Avec la circulaire du 1er juillet 1972 signée J.Comiti, il s’agit
d’une nouvelle tentative de réponse politique et pédagogique
à la question d’une certaine démocratisation de l’EPS.
L’objectif rappelé des 5 heures gêne les consciences
gouvernementales alors que la moyenne globale du second degré stagne,
vu l’expansion du 1er cycle, autour de 2 h hebdomadaires pour les
4 100 000 élèves du second degré.
Après une tentative d’augmentation des maxima de services
et divers autres tâtonnements - projet d’implantation directe
d’animateurs dans l’école, projet de « carrefour
sportif » rassemblant école, clubs, municipalités,
projet assez grossier de validation des pratiques en clubs au titre des
horaires / élèves (circulaire du 9 septembre 71) -, le SEJS
va élaborer, en passant par deux circulaires intermédiaires
( 25-11- 71, 24-04-72), un produit idéologiquement plus performant.
C‘est au nom d’une « nouvelle orientation de l’enseignement
sportif » que l’on va inventer des « structures nouvelles
», c’est à dire des structures administratives extrascolaires
autour d’un équipement sportif pour permettre l’emploi
d’animateurs ou de « moniteurs » sous le contrôle
de professeurs affectés sur ces structures. On veut ainsi démultiplier
l’encadrement, à moindre frais ; le maître deviendrait
contremaître !
On veut aussi, au nom du libre choix des activités, opérer
un glissement hypocrite entre l’obligatoire et le facultatif, voire
porter atteinte à la gratuité scolaire.
Ce seront les Centres d’Animation Sportive - CAS - définis
par la circulaire de juillet 72.
Une véritable bataille publique d’idées va être
livrée contre l’EPS « ringarde », les APPN seront
utilisées pour prouver qu’il faut « sortir »
hors des murs de l’école. Une modification du CAPEPS sera
même envisagée dans cette perspective.
On va théoriser l’animation sportive au nom de l’optionnel
et du modernisme, ce qui séduit certains enseignants sensibles
à la coupure avec le monde sportif et le syndicat des maîtres
d’EPS à qui on proposera des contreparties corporatives.
Le SNEP, pour sa part, c’est l’essentiel de son congrès
de 1972 à Orsay), va appeler dans une déclaration très
travaillée, à relever le défi de la rénovation
de l’EPS en construisant, notamment par une formation continue dynamique,
des contenus culturels et éducatifs modernes, sans céder
pour autant sur le caractère obligatoire de l’EPS pour tous
et sur le cadre du service public scolaire. Il va donc s’opposer
non sans débats difficiles au courant « sportif » officiel,
comme à tout retour au formalisme et au conformisme scolaire ce
qui confirme bien la réalité des 3 courants (le schéma
avec un seul courant sportif rend cette épisode incompréhensible).
La contradiction réelle du moment, qui provoquera quelques incompréhensions,
était justement de promouvoir l’ouverture culturelle des
contenus de l’EPS tout en refusant toute forme de déscolarisation.
Il ne fallait pas confondre enjeu de contenu et enjeu institutionnel,
à supposer qu’on puisse les dissocier même en refaisant
l’histoire !
Le SNEP va alors organiser le boycott des CAS en appelant au refus d’être
muté ou affecté sur un poste CAS et en exigeant la récupération
des moyens attribués. Il fait partager progressivement son point
de vue à plusieurs organisations du Comité pour le doublement
du budget : les OMS, les parents d’élèves, les chefs
d’établissements et la FEN après quelques flottements.
En avril 1973, le ministre comiti qui avait rêvé de mettre
en place un millier de CAS,doit céder la place, plutôt découragé,
à Pierre Mazeaud qui va poursuivre cette politique sans trop de
conviction en l’intégrant dans le dispositif de sa loi. 350
CAS subsisteront en 74-75. En 3 ans cette politique des CAS, véritable
tentative de déscolarisation de l’EPS, a été
mise en échec. Mais, a t-on raté un compromis acceptable
comme le suggèrent de bonnes âmes ?
• Une politique globale
Cette nouvelle politique peut-elle être séparée
de la politique globale de l’EPS conduite simultanément par
Comiti pour gérer la pénurie des moyens ? Ainsi les transferts
de postes des lycées vers les collèges ont été
poursuivis même si beaucoup ont été empêchés
ou retardés, le recrutement des professeurs a été
réduit en 1973 à 870 postes et celui des maîtres augmenté
; on crée même des professeurs de collèges bivalents
avec l’accord du Syndicat des instituteurs. Enfin, on remet en cause
le forfait de 3 h prévu dans le service pour l’animation
du sport scolaire en proposant un système d’heures supplémentaires
ce qui provoquera 2 très fortes grèves les 7 décembre
1972 et le 23 janvier 1973. Ce projet sera abandonné pour l’essentiel
car le libre choix, confirmé par Pierre Mazeaud fin 73, sera laissé
aux enseignants qui, à l’appel du syndicat, seront convaincus
à 90 % de garder le forfait AS dans leur service.
• 1975 : l’opposition
à la loi Mazeaud
L’article 3 de cette loi est un paquet-cadeau qui condense de façon
étonnante toute une politique pour l’EPS, il stipule que
- « tout élève bénéficie d’une
initiation sportive. »…et non d’EPS ;
- celle-ci est confiée aux établissements, aux AS, aux CAS,
à des éducateurs sportifs et, (le comble) aux clubs sportifs
privés habilités !
Mazeaud, intervenant dans le débat pédagogique, parlera
même d’EP de base à l’école, pour mieux
situer ailleurs l’initiation sportive. Belle perversité !
paradoxale confirmation de la problématique des trois courants.
De même, il distinguera subtilement le sport à l’école
du sport des scolaires.
Le Ministre, qui a la mauvaise idée de faire un tour de France
« d’explications » dans une série de villes de
province, va provoquer une trentaine de manifestations d’étudiants,
d’enseignants, mais aussi de sportifs qui exigent des postes et
le retrait de sa loi. Le SNEP, diffuse à 120 000 exemplaires une
plaquette « EPS, Luxe ou Nécessité ?» pour contester
le projet de loi et le système des CAS . L’ensemble des organisations
du Comité pour le doublement va exprimer une nette opposition,
de même que certaines fédérations sportives inquiètes
pour leur indépendance et sensibles à l’argument «
mieux vaut un bon budget sans loi qu’une loi avec un mauvais budget
».
Le Conseil Supérieur de l’EN vote le 14 mars un avis négatif
sur proposition du SNEP
Le 15 mai une grève unitaire et massive des enseignants d’EPS
exige des postes et le retrait du projet de loi.
Le 19 mai, les étudiants récidivent en manifestant à
Charléty au Championnat de France Universitaire, devant Mazeaud
excédé .
Cette loi « d’abandon de l’EPS à l’Ecole
» sera votée « à la sauvette » et par
discipline en novembre 75 dans l’hostilité générale
y compris à droite ( Herzog sera absent) et, pour l’EPS,
elle sera en fait inappliquée. Elle survivra pourtant jusqu’en
1984.
Cette même année 1975, autre facette d’une politique
régressive de l’EPS, le SEJS crée le professorat-adjoint,
après négociation avec le SNEEPS et la FEN ( qui seront
un certain temps favorable à la loi, ceci expliquent peut-être
cela ?). Ce corps « à cheval » est destiné à
L’Ecole et à l’extrascolaire avec l’objectif
évident de concurrencer le professorat ( en 1976 il y a 497 postes
au CAPEPS et 430 pour le professorat-adjoint). Le DEUG-STAPS est quand
même créé la même année mais avec l’argument
de favoriser des débouchés « hors enseignement ».
IV - UNE VRAIE REVOLTE CONTRE LE PLAN
SOISSON
Cette fois, changement de politique pour l’EPS, les leçons
des échecs des CAS et de la loi Mazeaud sont tirés. En 1977,
les CAS sont fondus dans les SAS ( Service d’animation sportive)
formule souple de transition vers l’extrascolaire traditionnel.
Le recrutement des professeurs va être encore réduit.
Le ministre Soisson va alors essayer de faire face aux besoins et à
la pression de l’opinion mais à partir d’un budget
d’austérité renforcée et en choisissant le
développement prioritaire de l’EPS scolaire car 38% des classes
du Second degré ont encore moins de 2 heures par semaine.
Le plan de relance annoncé le 31 août 1978 à la direction
du SNEP va consister à récupérer des heures d’enseignement
par tous les moyens et de manière plutôt brutale :
- réduction par décret du forfait AS de 3 à 2 heures
;
- imposition de deux heures supplémentaires par enseignant ;
- récupération de 600 postes des services universitaires
et extrascolaires et des centres d’EP spécialisée
;
- reprise des transferts autoritaires ;
- inscription de zéro poste de professeurs au projet de budget
79 et de 460 postes de PA (pour la 1ère fois le rapport des recrutements
79 sera inversé : 400 profs pour 485 PA.)
La stratégie du ministre va consister à isoler le SNEP et
les professeurs d’EPS et à séduire tous les autres
y compris les médias au nom de l’intérêt des
élèves.
La réaction de rejet de ce plan perçu comme une véritable
provocation par la profession sera à l’initiative du SNEP
très forte et immédiate : grève le 21 septembre,
puis manifestation nationale exceptionnelle le 13 octobre ( la moitié
de la profession, les 2/3 des étudiants et le droit de s’expliquer
en 1ère page du Monde, le 6 décembre 1978 !).
Les ressorts de la réaction de la profession ont été
autant pédagogiques que corporatifs , c’est l’identité
professionnelle qui a été touchée notamment avec
la mise en cause du militantisme consacré au sport scolaire et
la conscience qu’il y avait incitation hypocrite à l’abandon
de l’association sportive. Enfin la méthode autoritaire a
été très mal reçue.
Soisson va être mis en difficulté puisque le vote de son
budget va être reporté du fait de la défection du
RPR, principal groupe de la droite, et il devra annoncer la création
de 300 postes de professeurs.
Mais Soisson va manœuvrer et refuser de négocier directement
avec le SNEP. Il ne proposera qu’une grande discussion avec la FEN
sur les rythmes scolaires. Le SNEP sera ainsi chapeauté par une
FEN conciliante et avec la participation d’un SNEEPS hésitant
et du syndicat des Instituteurs qui revendiquera des bivalents EPS en
collèges.
Le SNEP cherchera à inscrire l’action dans la durée
non sans débats difficiles avec les partisans de la grève
illimitée et compte tenu des réactions sincères et
passionnée de nombreux enseignants peu expérimentés
en matière de lutte. Le Ministère fera même courir
le bruit qu’il craignait la grève illimitée ; avec
une évidente volonté provocatrice. Qui n’a pas rêvé
de casser le syndicat ?
Le principe de grèves « reconductibles» par semaine
sera inventé et choisi majoritairement dans le syndicat et celles-ci
tiendront jusqu’au 1er trimestre 1979 avec de multiples manifestations.
Les professeurs d’EPS vont être soutenuS par l’opinion
et les parents ; les questions du sport scolaire, du recrutement des étudiants,
de l’EPS spécialisée ont provoqué beaucoup
d’émotions.
D’autres initiatives seront réalisées spécialement
pour sauvegarder le sport scolaire , un appel de 5000 personnalités
sportives sera lancé, une journée de cross anti- plan Soisson
et des galas du sport scolaire seront organisés. Le 31 mars 1979,
une Convention nationale du sport scolaire se tiendra à la Sorbonne
; enfin le 3 Juin, à Charléty, Soisson préfèrera
être absent au championnat UNSS pour ne pas voir une manifestation
tonique. C’est dans cet esprit que le Congrès du SNEP lancera
un Appel au « maintien de l’AS dans le service en tout état
de cause » compte tenu des tendances suicidaires à la réduction
voire au boycott qui se dessinait pour l’animation du sport scolaire
dont la survie s’est jouée à ce moment là.
C’est d’ailleurs sur le sport scolaire que l’action
reprendra dès la rentrée 79 avec une grande journée,
le 24 octobre, appuyée par les parents et les chefs d’établissement.
Ce fut le signal de la reprise de multiples actions publiques contre le
plan SOISSON qui continueront toute l’année 79-80.
Mais, pour l’année 78-79 et faute d’élargissement
le mouvement s’est affaiblit progressivement. Le Snep en sortira
secoué mais la profession ne se trouvera nullement démoralisée,
plutôt fière au contraire d’avoir fait la preuve de
sa capacité de résistance, comme la suite le montrera. Le
SNEP rassemblera 78,6% des suffrages aux élections professionnelles
de 1980 mais enregistrera une perte de syndiqués, certains étant
durablement « blessés » par cette épreuve
Soisson, lui, en sortira très impopulaire et les enjeux de l’EPS
auront bénéficié d’une publicité exceptionnelle
qui sera capital pour un avenir proche.
Quel bilan ? Après des négociations conclues avec la FEN
qui poussait au renoncement, le plan sera partiellement appliqué
malgré une résistance aux heures supplémentaires
et aux transferts et avec le maintien militant du sport scolaire ; 400
postes seront offerts au CAPEPS 79. Ainsi au mieux ou au pire, ce fut
un demi échec syndical et un demi succès ministériel.
Les horaires - élèves auront effectivement progressé,
mais à quel prix !
V –1981 : LE RATTACHEMENT A l’EDUCATION
NATIONALE : UNE OPPORTUNITE BIEN PREPAREE, UN DEBOUCHE LOGIQUE
Beau sujet pour disserter sur le croisement du hasard et de la nécessité
en Histoire !
Il est clair que si François Mitterrand n’avait pas été
élu à la Présidence de la République, une
telle décision politique avait peu de chance d’être
prise.
Mais si la victoire politique de la Gauche avec l’élection
de Mitterrand était une condition nécessaire, elle n’aurait
pas été suffisante sans le capital d’influence amassé
les années précédentes par les actions pour les revendications
de l’EPS, qui a permis, de longue date leur prise en compte par
les partis de gauche (PC-PS) censés préparer une alternative
politique.
L’exigence du rattachement est
depuis l’origine inséparable du syndicalisme des professeurs
d’EPS ; elle a été rappelée en 1958, en 1969,
en 1980.
Dès 1970, les Assises de l’EPS et du Sport, avec 40 organisations
nationales, expriment cette demande. La FEN, le CNAL font de même
à plusieurs reprises.
Le programme commun des partis de gauche l’intègre en 1972,
les programmes du PCF et du PS aux législatives de 73 puis de 78
la reprennent également comme l’atteste le dossier de la
revue EP.S de novembre 1977.
Dans son bulletin de septembre 1977, le SNEP publie un programme politique
complet pour le développement de l’EPS, qui intègre
des modalités précises pour l’intégration avec
en particulier l’idée d’une structure administrative
spécifique (le futur « Service EPS »)
C’est ainsi qu’en avril 81, le candidat Mitterrand, comme
ses conseillers ne pouvait pas ne pas intégrer dans ces cent-dix
propositions, cette mesure exigée par toute la profession et au-delà.
Après le 1er tour du 28 avril qui place en tête François
Mitterrand, le SNEP appelle à voter Mitterrand après avoir
obtenu le 6 mai un engagement public sur cette question ( interview à
l’Equipe…(vérifiée). Au lendemain du second
tour victorieux, le 11 mai, un contact est pris avec l’Antenne présidentielle
pour veiller à cette intégration qui se joue en effet dès
la composition du gouvernement, avec la rédaction des décrets
d’attributions des ministres. Le 18 mai, Jean Glavany et Pierre
Bérégovoy reçoivent sur ce point une délégation
du SNEP.
Le 28 mai le décret d’attribution du ministre de l’EN
Savary qui paraît au JO du 29, officialise cette intégration
et le transfert des enseignants d’EPS du MJS à l’EN.
De fortes résistances s’étaient pourtant manifestées
du coté de la mouvance socialiste proche de la J-S comme du coté
de l’administration
Le 11 juin 1981, aura lieu la 1ère rencontre SAVARY –SNEP
sur l’ensemble des problèmes de l’EPS avec remise par
le SNEP d’un mémorandum complet et, dans la bonne humeur,
du poster de la manifestation du 13 octobre 1978 (« carte d’identité
de la profession ») ce qui n’a pas été inutile
vu le débat très serré sur la question du rétablissement
des 3 h d’AS (« ça coûte 1000 postes ! »)
Ainsi ont été acquis :
- l’intégration à
l’EN et la création d’un service spécifique
de l’EPS voulu par le Snep ;
- la création de 3000 postes en 2 ans et l’arrêt des
transferts ;
- le rétablissement ;non sans difficultés du forfait de
3 h ;
- la mise en chantier d’une nouvelle loi pour remplacer la loi Mazeaud
;
- l’arrêt du recrutement des PA, la création de l’agrégation,
un plan de titularisation d’auxiliaires ;
- la relance des formations universitaires et une section EPS à
l’INRP.
En octobre 81, un colloque tenu à
l’initiative du SNEP avec 400 participants aura pour thème
significatif « EP et réussite de tous ». Il appelle
à une relance pédagogique et didactique et à un plan
de développement et de transformation de l’EPS.et du sport
scolaire.
1982- un député socialiste présente un rapport à
l’Assemblée Nationale prévoyant la création
de 1500 postes par an. Un communiqué commun PS-SNEP du 12 mai 82
fixe l’objectif des 4h collège et de 3h lycée. Il
y a 1200 postes au CAPEPS 82 ! Le rapport Legrand sur la démocratisation
des collèges retient le principe des 5 h d’EPS !
Enfin la loi « Avice » qui ne paraîtra que le 16/7/84
et qui abroge la loi Mazeaud, contient, à l’initiative syndicale,
le remarquable article 2 suivant « l’EPS et le sport scolaire
contribuent à la rénovation du système éducatif,
à la lutte contre l’échec scolaire et à la
réduction des inégalités sociales et culturelles
». Cet article est d’ailleurs toujours présent dans
la loi Buffet du 6/7/2000.
Au regard de ses évènements, les spéculations sur
le « ralliement tardif » des dirigeants du
SNEP quant au rattachement à l’EN, du fait de leurs préférences
politiques personnelles, font sourire mais elles permettent de revenir
sur le rapport SNEP et politique.
VI- RETOUR sur le SNEP et l’union
de la GAUCHE
La aussi, il y a une certaine cohérence syndicale dans les prises
de positions liées aux échéances politiques dont
il faut relativiser l’importance car elle ne dépasse pas
3 à 5% du volume du bulletin.
Dés 1972, le SNEP fait inscrire les revendications de l’EPS
dans le programme commun, ce qui est sa responsabilité syndicale
élémentaire et il se prononce ensuite pour son soutien qu’il
renouvellera aux législatives de 1973.
Aux présidentielles de 1974, il soutiendra sur cette base, le candidat
unique de la gauche
Puis, survient fin 1977 le divorce PC-PS sur le programme commun. Tout
le mouvement syndical se sent concerné par la question du niveau
des moyens économiques nécessaire aux revendications. Comme
le courant UA de la FEN, le SNEP, tout en souhaitant l’accord à
gauche, prend une position (naïve ?) issue d’un congrès,
sur les nationalisations, plus proche effectivement de celle du PC, d’ou
la réaction de quelques militants socialistes comme Michel Leblanc.
Mais parler de crise est excessif, le recul de syndicalisation, 4%, dû
plutôt à la dureté du contexte, est bien moindre que
celui lié au plan Soisson, 13%.
En janvier 1978, aux élections professionnelles le SNEP recueille
81,7% des voix et 8900 voix soit 2000 de plus tout en perdant 4,5 % au
bénéfice du SGEN:mais le lien « politique »
n’est pas évident. Enfin à la veille des présidentielles
de 81, le SNEP rappelle son souhait d’union à gauche mais
en mettant en avant le rôle propre du mouvement social et syndical
et en rappelant son programme complet publié dans le bulletin syndical
de septembre 1977 pour le rattachement à l’EN.
VII- 83-94- NOUVELLES ANNEES DIFFICILES
• 1983/1984 : virage vers la rigueur
Dès l’été
82, le gouvernement de gauche fait le choix de la rigueur économique.
Le projet de budget est très mauvais pour l’EPS
Le 4 novembre 1982, 2000 étudiants et professeurs manifestent à
Paris en prévision de la régression qui s’annonce
pour le CAPEPS 83, 270 postes seulement sont prévus en effet.
La profession est plutôt déconcertée et le syndicat
obligé de relancer « une nouvelle bataille de l’EPS
». Avec le souci de se montrer constructif, le SNEP lance seul,
le 27/01/83, une grève « POUR », c’est à
dire POUR la réussite des changements promis pour l’école.
C’est la 1ère grève, réussie d’ailleurs,
du secteur enseignant, effectuée sous le gouvernement d’union
de la gauche comprenant des ministres communistes.
Ce ne sera pourtant pas suffisant pour empêcher une austérité
aggravée pour le budget 84 malgré deux nouvelles grèves,
le 14 novembre 83 puis le 31 janvier 84 suivies d’ une manifestation
intersyndicale le 21 mars.
1984, c’est en effet, l’année du plus mauvais CAPEPS
de l’histoire : 170 postes !
Il manque toujours 1500 postes pour les 3h collège-2h lycée.
Il y en aura 84 et 85 plusieurs autres
actions revendicatives spécifiques ou unitaires avec campagne d’affiches
et lettre aux parents.
1985 : il y aura seulement 240 postes au CAPEPS.
Mais la régression n’est pas seulement budgétaire
; elle est aussi conceptuelle et pédagogique puisqu’ avec
la circulaire Calmat – Chevênement, on voit revenir «
l’animation sportive », pendant logique du retour à
la distinction entre matières principales et matières secondaires,
ce que dénonce vertement une lettre ouverte du SNEP au Ministre
Chevênement. C’est pourtant ce même ministre qui proclamera
que 80% d’une classe d’âge doit parvenir au bac, ce
que reprendra la loi d’orientation de 89. La vague lycéenne
va déferler de 85 à 95 (+25%). Pas étonnant si que
l’on sonde le Snep sur l’éventualité de l’EPS
facultative pour le second cycle et que l’on commence à douter
du sport scolaire.
Pour autant le Snep continue son travail pédagogique : un livre
sur l’évaluation est diffusé à 12000 exemplaires,
signe d’une question sensible par rapport à la démocratisation
; un colloque est tenu pour la relance du sport scolaire. Enfin, avec
la commission dite verticale et la préparation des IO de 85, un
certain formalisme institutionnel se manifeste à nouveau et cela
conclura par un texte de compromis.
Pour sa part le Snep réussit, en octobre 85, un colloque de 500
participants sur le thème significatif « promotion de l’EPS
et Didactique des APS ». Le livre sera diffusé en 86 à
5000 exemplaires. D’autres productions provenant de l’INRP,
des UFR, d’autres associations, convergent dans le même sens.
• 1989 : L’EPS dans l’enjeu
politique du Second degré
Pour le gouvernement Rocard, face à
la crise de recrutement d’enseignants, la démocratisation
risque de coûter trop cher.
Aussi, en connivence avec la FEN pour motif complémentaire de recomposition
syndicale , un projet brutal de nivellement par le bas de la formation
et du statut des enseignants du Second Degré est mis au point :
des bivalents bac+3 pour les collèges, les certifiés pour
les lycées, les agrégés dans le supérieur.
La réaction solidaire du SNES et du SNEP sera plus qu’énergique
: plusieurs grèves, une grande manifestation nationale le 4 mars
qui rappellera en niveau celle du 13 octobre 1978 pour l’EPS. Le
ministre Jospin devra, malgré le dépit de son conseiller
Allègre, revoir sa copie et mettre 17 milliards sur la table. Non
seulement les catégories existantes seront confirmées mais
il y aura revalorisation et augmentation des recrutements et création
des concours internes. Ainsi pour l’EPS le CAPEPS passera de 355
à 533 puis à 844 en 90 ; les CAPEPS internes et Agrégations
progresseront.
Un enseignement : l’histoire de l’EPS ne se déroule
pas dans un couloir séparé ; elle peut être aussi
dépendante d’enjeux plus globaux de politique scolaire, la
suite va encore le montrer.
Mais la politique 88-89 pour l’EPS,
c’est aussi la circulaire Jospin-Bambuck qui, après les «
Contrats Bleus- Bergelin », illustrera pour le 1er degré
une nouvelle version de la ligne « animation sportive extra-scolaire
». En prime, le 1er ministre Michel Rocard semblera ignorer l’
intégration de l’EPS à l’EN en missionnant publiquement
Roger Bambuck, Secrétaire d’Etat JS pour qu’il contribue
à « rééquilibrer la formation physique à
l’école » !
VIII – 1994 : LES QUATRE HEURES D’EPS
EN SIXIEME, LE DERNIER PROGRES
La conjonction de plusieurs données
de nature très différente peut « expliquer »
cet évènement étonnant.
Fin 1993, le gouvernement conservateur du moment et son ministre de l’EN,
François Bayrou avance un projet de loi d’aide supplémentaire
à l’Enseignement Privé. A l’initiative de la
nouvelle Fédération syndicale des enseignants, la FSU, dont
le SNEP est cofondateur, une très forte opposition va s’exprimer
par une première manifestation en décembre. Puis le 16 janvier
c’est tout le camp laïque qui manifeste à Paris : un
million de manifestants !
Le rapport de force global créé par cette immense manifestation,
oblige, en plus du retrait du projet de loi, à l’ouverture
d’une négociation globale sur l’Ecole. Dans ce cadre
, le SNEP va défendre une série de mesures pour le développement
de l’EPS. Il va s’appuyer sur une campagne d’opinion
originale opportunément lancée dès fin 93, sur le
thème « donnons du corps aux études » avec affiches,
tracts, pétition, et appel de personnalités de la société
civile. Il va faire entendre, face à des responsables ministériels
inquiets de la crise des collèges, qu’il est nécessaire
de prendre toute mesure favorable à la réussite des jeunes
et à leur meilleure intégration, ce que peut apporter un
progrès de l’EPS, ceci étant d’autant plus utile
que le retard du 1er degré est connu. Le Snep fera valoir aussi
son succès aux élections professionnelles de 1994 : 72 %
des suffrages, pour la 1ère fois pour toutes les catégories
d’enseignants d’EPS, 15500 voix.
Il faut souligner également la solidarité du SNES, syndicat
des enseignants du second degré qui était directement concerné
par la répartition de l’horaire global des élèves,
lequel n’était pas augmenté. L’appui de la nouvelle
FSU, créée après l’éclatement de la
FEN, a également été appréciable. De leur
coté les étudiants en EPS avaient fortement manifesté
pour l’augmentation des postes offerts au CAPEPS.
Tels sont les éléments qui, après 5 mois de négociations,
ont permis d’aboutir en juin 1994 à la décision de
porter au titre des « apprentissages fondamentaux », l’
horaire d’EPS pour toutes les 6ème de 3h à 4 h, ce
qui « coûte » 1600 postes.
En même temps, le principe de la création d’une option
EPS en lycée a été obtenu
Tel est le dernier point d’équilibre important de l’histoire
politique de l’EPS sur la question des horaires
IX-1995 – UNE REBELLION PEDAGOGIQUE SALUTAIRE
ET SIGNIFICATIVE
Le 12 Juillet 95, lors du Conseil Supérieur
de l’EN, le ministre, à la demande du SNEP, retire le projet
de programme 6è présenté par le GTD et l’IG.
Ce faisant, il ne fait que tenir compte « démocratiquement
» de l’avis émis par l’organisation professionnelle
très largement représentative.
On peut s’étonner alors de l’étonnement de certains
« institutionnels » qui, eux, espérait user de leur
position de pouvoir pour imposer des vues minoritaires dans la profession,
ce qui avait été hélas réussi avec le coup
de force de l’arrêté du Bac de 1993.
Le SNEP avait pourtant obtenu en octobre 1994 une consultation nationale,
la seule par rapport aux autres disciplines. Il avait mené un débat
public depuis un an et consulté largement la profession sans être
entendu. Un avis du CNP allait d’ailleurs dans son sens.
Ainsi, après une négociation positive, de nouveaux textes
plus acceptables vont être produits en 1996.
Rappelons sommairement les raisons de fond qui sont en pleine cohérence
avec les visées exprimées dans les années 60 avec
les formulations du moment, et qui concernent l’identité
même de la profession et l’ambition que l’on se fixe
pour tous les jeunes (lire mon article de la revue EPS n°256 et celui
du n°281 de A.Becker-C.Couturier-M. FOUQUET, et aussi celui des mêmes
auteurs dans Hyper n°211sur l’enjeu de démocratisation).On
est loin des affligeantes allusions à une volonté de mainmise
sur la discipline ou de la fable archaïque sur la confusion sport
et EPS.
Les programmes sont un enjeu qualitatif important d’une politique
de démocratisation de l’EPS au sens ou ils doivent garantir
à la société et pour tous les jeunes, l’appropriation
critique mais effective d’une culture comme meilleur moyen de développement
personnel, ce qui implique naturellement une réévaluation
critique permanente du « patrimoine des APSA » éclairée
par une visée anthropologique. C’était en tout cas
le motif de l’intervention du SNEP qui a estimé que le retour
en force d’un formalisme scolaire n’offrait pas ces garanties.
Chacun a pu constaté les convergences entre certains « institutionnels
», le SE-FEN, le SGEN, autour de cette idée de l’ enfant
placé au centre mais laissé sans perspective d’entrer
dans une véritable «culture d’apprentissage »
selon la formule de Bruner et ce que confirment les apports actuels de
la psychologie centrée sur le développement du sujet (Yves
Clot, Jean-Yves Rochex, Vygotski).
Remarquons qu’aux élections « professionnelles »
suivantes (1996) et malgré une campagne des autres listes sur ce
terrain pédagogique, la liste SNEP progresse de 3% ; le désaveu
n’est pas évident !
Ce débat a eu le mérite de provoquer un travail de mise
à jour de l’orientation syndicale et ce n’est pas un
hasard si le congrès du SNEP de 1995 a débattu du contenu
du projet culturel et social qu’il fallait proposer à la
profession ( Contre pied n°1). C’est dans cette perspective
que la création du Centre EPS et Société a été
décidée. C’est aussi pourquoi la question «
ce qui mérite d’être enseigné » a fait
l’objet d’un colloque de 500 participants à Créteil,
en 1996.
Le même débat a alors recommencé sur les programmes
lycée et le SNEP a contesté le retour d’une approche
formelle des compétences de même que la fausse distinction
entre développement personnel et acquisitions « culturelles
» vérifiables. Une divergence de fond demeure même
sous des formes plus civilisées, elle est stimulante !
CONCLUSION
• Quel bilan ?
Quel bilan provisoire de cette confrontation de plus de trente ans sur
les politiques de l’EPS ?
Peut-on parler d’une très relative démocratisation
? Et peut-on prétendre qu’elle s’est faite naturellement,
selon la seule volonté des pouvoirs publics ? N’est-elle
pas la résultante d’une série de conflits dans lesquels
le SNEP revendique sa part y compris avec ses insuffisances !
Les horaires : ils sont passés de 4h à 2h pour les
lycées et de 1h 1/2 à 3h pour les collèges avec 4
h en 6è, ceci avec deux vagues démographiques successives
en collège puis en lycée ce qui, avec la prolongation de
l’obligation scolaire a considérablement amplifié
la question de la démocratisation. L’effectif - élèves
est passé de 3 millions à 5,7 millions. Alors que l’horaire
lycée est à la limite du crédible, malgré
un début des options, et que les 4 h 6è ont pourtant fait
la preuve de leur utilité, il n’y a pas aujourd’hui
de perspectives politiques pour un nouveau progrès, plutôt
de nouvelles craintes sur les horaires obligatoires en lycées.
- Les enseignants : ils ont plus que doublé, ( 33000, dont 23000
professeurs et 3000 agrégés).
- Le sport scolaire :des réussites, des contestations, un nouvel
enjeu.
- Les équipements : une lente progression, des inégalités
,des carences.
- Les contenus : le débat continue !
Si l’on se souvient du schéma
de départ sur les trois courants, on pourrait résumer l’enjeu
qualitatif de façon provocatrice en soutenant qu’il n’était
pas impossible qu’une « animation sportive » soit massifiée,
mais qu’il n’était pas impossible non plus qu’une
Education physique formaliste, sorte de grammaire transversale physique,
soit généralisée, relais logique dans une version
« scientifique » des traditions militaires et médicales.
Chaque type de ministère a infléchi dans le sens de sa fonction
politique, soit vers l’animation sportive soit vers le conformisme
scolaire. Mais il faut souligner que ces deux courants peuvent aussi cohabiter
et que plus précisément une pratique du 1er peut cohabiter
avec le discours du second.
Autrement dit, et en bref, moins les contenus d’un enseignement
fondamental des APSA sont connus et maîtrisés et plus il
y a risque de cette double dérive dont la caricature existe parfois
dans le 1er degré : discours corporel ou psychomoteur et pratiques
d’animation extrascolaire. Ce sont deux facettes d’un échec
d’une démocratisation véritable.
Pourtant, depuis les années 60,
la construction d’un enseignement fondamental et culturel des APSA
s’est globalement poursuivie, principalement d’abord contre
« l’animation » et non sans débats sur la didactique
ou trop générale ou trop technocratique, puis dans les années
80-90, contre une pression forte exercée au nom d’une certaine
normalisation scolaire, prix d’une soi-disant reconnaissance disciplinaire
effectuée de surcroît au nom de la vraie science. Peut-on
alors dire sommairement que l’EPS s’est construit d’abord
contre des formes grossières d’une négation de l’EPS
assortie de solutions « libérales » puis qu’elle
doit encore éviter aujourd’hui de céder, fût-ce
de bonne foi, au libéralisme subtil et idéologique ?
Signalons d’ailleurs à ceux qui ne doutent pas du sens de
l’histoire, l’évolution significative des programmes
de Français : alors que le patrimoine des œuvres littéraires
était réservé par les classes dirigeantes aux élites
des lycées, les programmes des collèges puis récemment
ceux du primaire, longtemps marqués par la grammaire et l’orthographe,
ont intégré l’objectif d’une culture littéraire.
Il est même proposé aujourd’hui en maternelle une familiarisation
avec la littérature de jeunesse… et aussi avec les APSA !
• Une histoire assumée
Finalement, le SNEP ne revendique pour son action passée que la
reconnaissance d’une certaine cohérence stratégique
syndicale contre des constantes politiques. Cette cohérence a été
placée sous le contrôle de la volonté majoritaire
d‘une profession difficilement manipulable et jalouse de son indépendance.
La fable des mobiles « politiques extérieurs » restera
un objet de perplexité amusée comme je l’ai exposé
dans le n° 672 du bulletin du SNEP : « l’histoire de l’EPS
mal traitée et… maltraitée ! » en soulignant
que l’histoire semblait bien un enjeu politique du présent.
A contrario, une collaboration loyale entre Acteurs et Historiens semble
souhaitable pour l’avenir dès lors qu’il y a une volonté
partagée d’objectivité.
Aujourd’hui, le poids de la crise de l’école ajouté
au doute sur une éventuelle alternative politique peut conduire,
comme le montre un récent sondage chez les enseignants, à
remettre en cause l’utopie généreuse d’une école
égalitaire et de la réussite de tous dans les APSA. Il y
a risque de voir affaiblir la dimension de militantisme culturel et social
du métier de professeur d’EPS.
Résistance, production d’innovations
et de solutions alternatives sont donc à l’ordre du jour
(voir contre-pied n°8).
Il semble, en tirant toutes les leçons de notre Histoire dont quelques
raisons d’optimisme, que le SNEP pour sa part soit prêt avec
les collègues à relever encore le défi !
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Bibliographie sélective
- 1945-1995-L’EPS face au sport,15 acteurs témoignent-Centre
EPS &Société-1999
- 1913-1975 Jean Guimier par Gérard Couturier-L’Harmattan-2001
- 1969-1981 - A nos marques - Marcel Berge- SNEP - 1981
- 1970-2000 - EP, Sport, Loisirs - T.Terret – AFRAPS-2000
- Histoire de l’EP : genèse d’une discipline scolaire
Y. TRAVAILLOT, M. TABORY, accompagné d’un CD ROM. très
documenté (éd. 2002).
- 1969-2000-Bulletins du SNEP : archives ouvertes à tout chercheur
malgré quelques collections noircies par un incendie en 1978- nombreux
autres documents internes à consulter seulement depuis 1969 et
en voie de classement.- De même : Livres des colloques (1982-EP
et Réussite de tous - 1984 l’Evaluation,12000ex-1986-EPS-Contenus
et Didactique- 1989-EPS,Ce qui s’enseigne-1996 - EPS, Ce qui s’apprend
- livres diffusés à 3 ou 4000 ex
- Quelle activité professionnelle pour la réussite de tous-Colloque
d’Orsay-2000- SNEP
- Pour une culture commune –H-Romian –Hachette -2000
- Revue Contre pied n°1 et 2 pour les options « culturalistes
»et n°5 et 6 pour les débats-programmes collèges
et lycées.
|