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Innovation
?
Nous avons intitulé volontairement « INNOVATION
» cette nouvelle rubrique sur le site de Contre-pied. Pourquoi
? Nous écrivions dans « Contre-pied » N°8 que
« nous voulions approcher, des exemples ou des cas , relatés
par les enseignants, représentant des tentatives d’adaptation
à des problèmes rencontrés dans la pratique ».
Ce sont à ces recherches en acte, à cette inventivité
pratique que nous donnons le statut d’INNOVATION. Nous poursuivions
en citant Michel Serres qui avance l’idée que « l’avenir
se construit en partant de la base, toujours plus innovante que le sommet
». Les cas que nous présenterons dans la rubrique (tous
tirés de N° déjà parus de Contre-pied) sont
donc, pour nous, porteurs des problèmes et des solutions d’aujourd’hui,
prémisses de l’évolution vers l’EP de demain.
Quels critères nous permettent de donner à un récit
de pratique le statut d’innovation ? Même si ces critères
sont encore à affiner, les innovations que nous présenterons
sont en cohérence avec les finalités et les modalités
de l’EP dans notre système scolaire :
- pratiques d’APS différentes coordonnées par la
visée d’une formation fondamentale,
- contenus d’enseignement ambitieux,
- apprentissages de ces contenus par TOUS les élèves,
- procédures d’enseignement/apprentissage orientées
vers l’autonomie des élèves,
- inscription des pratiques dans la perspective de transformation des
relations sociales dans l’établissement et de création
de lien social.
Quel est le but poursuivi ?
Toute innovation est conjoncturelle donc difficilement reproductible.
Néanmoins une capitalisation des innovations les plus représentatives
nous semble indispensable. En effet elles nous semblent porteuses de
« savoirs » que nous proposons d’appeler, à
la suite de certains auteurs : « savoirs d’action »
; à condition d’analyser les pratiques, d’opérer
à leur propos « un recul réflexif » pour retirer
du « faire » quelques règles d’action qui pourraient
être généralisables.
Dans ce but, chaque innovation présentée sera suivie d’une
tentative d’analyse amenant à pointer ces savoirs en acte
à portée générale.
Texte |
Commentaires |
"DANSE AVEC LES AUTRES "
(Fichier 159 Ko)
Paulette Brisset. Contrepied
N°13, novembre 2003
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Comment faire de la danse à l'école à partir d'un thème ou d'une histoire ?
Paulette Brisset fonde sa démarche sur le thème de l'Amazonie. Elle décrit son rôle d'enseignante dans la construction d'une chorégraphie scolaire qui se concrétise par un "vrai" spectacle lors de rencontres de danse. Elle montre comment on peut faire jouer aux élèves à la fois un rôle de chorégraphe à partir d'un travail interdisciplinaire (français, musique, EPS), transformer leur motricité quotidienne en motricité expressive spécifique du danseur et leur permettre de devenir des spectateurs de danse exigeants et tolérant à la fois. "
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P.18 : « un biathlon scolaire », « être fort pour être viril : l’haltérophilie ».
P.20 : « uppercut et diagonale »,
P.21 « le festival des 6èmes ».
(Fichier 700 ko)
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Dans le N° 8 de Contre-pied, Jean-Yves Rochex, dans un entretien intitulé : « de l’attractivité à la nécessité » (texte à relire car toujours d’actualité), souligne qu’en EPS comme dans les autres disciplines , il y a une contradiction croissante entre les évolutions des contenus disciplinaires et les représentations des élèves souvent influencées par le poids médiatique. Cela développe des incompréhensions et des contradictions imposant la mise en œuvre de situations de transformation du rapport des élèves aux contenus .
Dans cette perspective J.P.Lepoix propose un biathlon scolaire pour faciliter la gestion de leurs efforts par les élèves.
P.Brédeloup explicite le choix de la pratique de l’haltérophilie avec une classe de LEP mécanique.
H.Sénigallia rend compte du projet d’un collège de Vaux en Velin qui associe la boxe française et le jeu d’échec ; association qui permet aux pratiquants « d’exploiter la gamme des hypothèses stratégiques dans deux registres différents ». A.Garnier enfin, décrit la démarche qui lui a permis de faire entrer les élèves d’une classe de 6èmes dans « une démarche poétique ». |
"LA
GYMNASTIQUE RYTHMIQUE DANS LES PROGRAMMES POUR LES COLLEGES"
(Fichier 154 Ko)
Monique Loquet. Contrepied
N° 6 janvier 2000
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Faire référence
à des pratiques sociales ? Oui, mais lesquelles ?
Pourquoi choisir telle référence plutôt que
telle autre ?
Pourquoi et comment une programmation des contenus scolaires peut-elle
implicitement véhiculer une référence ancienne
?
Monique Loquet répond à ces questions par une analyse
fine du cas de la GRS et de son utilisation dans le cadre scolaire.
Une 1ère partie s’attache à une critique très
argumentée des choix opérés par les programmes
pour le collège : est-ce fondé de classer la GR
scolaire dans le groupe des activités gymniques ? Le choix
de deux engins : ballon et cerceaux est-il pertinent ? In fine,
par l’intermédiaires des programmes, « ne gomme-t-on
pas l’évolution culturelle de l’activité
et ne prive-t-on pas les élèves des conditions d’enrichissement
des techniques actuelles de la GRS ?
La 2ème partie développe l’option forte de
l’auteur qui défend « une programmation des
contenus scolaires ayant pour ambition d’enseigner les compétences
spécifiques avec le sens qu’elles ont dans les pratiques
sociales les plus modernes." |
"LES
PROGRAMMES EN EPS? UNE ORIENTATION? UNE DEMARCHE"
Paul Goirand, Alain Becker, Michel Fouquet. Contrepied
N° 5 octobre 1999 |
Une EPS... innovante... à quelles conditions?
L'artcle collectf : "les programmes en EPS : une orientation,
une démarche" ouvre quelques pistes (extraits).
- Même si les programmes fixent un cadre et arrêtent
des contenus, "il est nécessaire de continuer à
mener la réflexion sur les plans politique, méthodologique,
théorique, pédagogique et didactique".
- Pour cela, toute le profession doit pouvoir mener une expérimentation
collective car "si la responsabilité de l'enseignant
passe par le respect des textes, il n'en abandonne pas pour autant
sa liberté d'initiative et de jugement".
- La réflexion et l'expérimentation devrait notamment
porter sur :
* la contribution de l'EPS à la rénovation de l'école:
le texte des programmes constitue-t-il une aide aux enseignants
pour assurer la réussite de tous les élèves
?
* le cadre national des programmes permet-i les initiatives individuelles
?
* les formes de pratiques scolaires des APSA ne conduisent elles
pas à une perte de " leur signification culturelle et
sociale" ? |
| "LA
DANSE A L'ECOLE MATERNELLE"
(fichier .pdf, 370Ko)
Monique Delga. Contre-pied N°3, septembre
1998, P.35 à 37 |
Les propositions de Monique
Delga ont une portée générale par la démarche
qu'elles illustrent.
- La visée générale est donnée par
les programmes pour l'école maternelle: développer
la sensibilité et créativité de l'enfant
et lui permettre de s'exprimer plus intensément par lui-même.
- Mais qu'est-ce-que créer? S'appuyant sur Henri Wallon,
l'auteur répond: " tirer de soi l'impression à
produire sur un public".
- Suivent ensuite les différentes étapes à
faire vivre aux enfants théorisées à partir
d'expériences pédagogiques nombreuses :
* trouver et retenir des formes corporelles;
une liste de déclencheurs est proposée.
* organiser en assemblant plusieurs éléments proposés
par les enfants.
*enrichir la production, phase dans laquelle on entre véritablement
dans la spécificité du mouvement dansé
en stylisant et en épurant.
* créer la mise en scène chorégraphique
par la recherche d'un effet-spectacle.
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| "COURSE
DE DUREE, COURSE LONGUE, 1/2 FOND, DES EPREUVES CHARGEES DE SENS"
(fichier .pdf, 150Ko)
Michèle et Jean Etienne Jaboulin
Contrepied N°2, p. 14 |
L'article de nos collègues est une vraie
réflexion en acte sur les pratiques scolaires spécifiques
certes mais devant conserver le sens des pratiques sociales.
Il est intéressant de plusieurs points de vue:
- il est significatif, d'abord, de l'évolution tâtonnante
d'une pratique scolaire à partir de l'analyse de ce qu'elle
produit très concrètement après des élèves.
Course de durée, course longue, course de 1/2 fond ne sont
pas des appellations neutres mais engendrent, chez les enseignants
comme chez les élèves des représentations et
des actions d'un certain type.
- le choix d'une pratique scolaire dite de 1/2 fond se fait par
référence au sens de l'activité athlétique:
activité de performance, associée à des objectfs
de transformation personnelle: "quels % de VMA sont mis en
oeuvre selon les moments de la course et à des objectifs
de développement de connaissances: comparaison des profils
de course. A noter que le maintien du sens permet une réflexion
critique sur le Sport de haut niveau:"en permettant à
nos élèves de référer leurs propres
possibilités à celles du haut niveau, nous concoirons
à la construction de spectateurs avertis".
- une pratique scolaire enfin, avec le maintien du sens se doit
de reproduire la structure qui organise la pratique: "l'athlète
seul n'existe pas en athlétisme, des médiateurs doivent
être présents: spectateurs, observateurs, entraîneurs". |
| "COMMENT
L'ENSEIGNANT D'EPS POURRAIT-IL NE PAS PRENDRE LE SPORT COMME REFERENCE
CULTURELLE " (fichier .pdf, 130Ko)
Claude Patte
Contrepied N°1, p. 48 |
Le témoignage de Claude
Patte nous semble novateur, non par un compte-rendu détaillé
de sa pratique d'enseignement (ce n'était pas l'objet de
la commande) mais parcequ'il "réfléchit en
acte" à la question du choix des références
culturelles pour organiser l'EPS de son établissement.
Réfléchir en acte, c'est nous semble-t-il, rechercher
par tâtonnements, une voie entre les contraintes inhérentes
à toute pratique sociale et un projet pédagogique
explicite.
Posant d'emblée "qu'il ne peut pas se priver du sport
en EPS sans se faire jeter par les élèves",
il cherche en pratique, la réponse à deux questions:
- "Comment enraciner l'EPS dans des situations de jeu et
faire évoluer ces dernières vers des apprentissages
et la nécessaire transformation de ce que font les élèves"?
- "Coment situer (notamment face aux parents) l'utilité
sociale de l'EPS tout en sauvegardant son caractère original
vis à vis des autres disciplines scolaires et vis à
vis des pratiques extra-scolaires"?
Au travers du récit de son vécu et d'exemples de
situations pédagogiques Claude Patte montre l'apport irrem)plaçable
de l'expérience des acteurs , en l'occurrence les enseignants,
dans toute tentative d'élaboration d'orientations officielles,
notamment de programmes. |
"ENSEIGNER
DANS LES CLASSES DIFFICILES" (fichier .pdf, 290Ko)
J. Deleglise, professeur d'EPS, Collège
de Libercourt.
J.P. Smagghe, professeur d'EPS, Collège Vadez de Calais.
Coordonné par J. Badreau,
L.P. Coubertin, Calais,
J. Marsenach, INRP
Contrepied N°4, p.20 à 23 |
Il nous a paru intéressant
de revenir sur un article du N°4 de mars 99: "l'EPS au
carrefour des violences" : "enseigner dans les classes
difficiles": le rôle des contenus d'enseignement".
Pourquoi ? :
- Parcequ'il s'agit d'une recherche menée conjointement
par l'INRP et l'IUFM du Nord-Pas de Calais. Cette recherche a
associé des enseignants et a porté sur ce qu'ils
font, dans leurs classes, au cours de leur emploi du temps habituel.
- Parce qu'en 2ème lieu, ces enseignants, confrontés
à des classes difficiles, ont refusé de revoir les
contenus enseignés à la baisse; ils ont, au contraire
maintenu le même niveau d'exigences qu'ils se fixent avec
les "bonnes" classes (permettant, du même coup
une comparaison et une évaluation).
Comment? Pointons les deux caractéristiques essentielles.
Contrairement à certaines idées couramment admises,
ils ont proposé des situations complexes ert ont recherché,
par des procédures diverses, une grande autonomie des élèves
et une responsabilisation réelle. |
| "FAIRE
DU GROS MATERIEL OU DE LA GYM, QU'EST-CE QUE CA CHANGE"
(fichier .pdf, 298Ko)
Equipe IUFM de St Lô Contrepied N°11,
p. 49 |
On trouve, dans l’article
proposé une réflexion intéressante sur les
contenus à enseigner en EPS. (En maternelle mais les idées
avancées peuvent s’appliquer à tous les niveaux
d’enseignement). Les auteurs montrent, par une série
d’exemples, que le matériel utilisé ne suffit
pas à définir les contenus et qu’un même
matériel, même sophistiqué, peut contenir
des contenus extrêmement divers dans les objectifs, sollicitant
l’activité des élèves de façon
différente et entraînant une relation enseignant-enseignés
de nature divergente.
Comment donc définir les contenus ? Si on veut se démarquer
d’une pratique de basse tension et aller vers des exigences
qui incitent les élèves à aller au delà
de leurs savoir-faire momentanés, la référence
à une APSA nettement spécifiée est nécessaire
; non pour plaquer des techniques inadaptées mais pour
ajuster une activité exigeante et complexe aux différents
niveaux des élèves et les engager dans la voie de
la construction d’une motricité extra-ordinaire.
N’est-ce pas là le rôle essentiel de l’école
y compris la Maternelle
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"FOOTEUX,
CHAMPION DE GRS" (fichier .pdf, 47Ko)
Claire Pontais Contrepied N°15, p. 43 |
L'article prend place dans
le N° "la mixité en question". Pourquoi nous
a-t- paru exemplaire ? :
- parcequ'il fait la démonstration que les problématiques
de l'EPS dans le 1er degré et celles du second degré
présentent des similitudes qui engagent à des échanges
plus fréquents.
- parcequ'il présente comment on peut faire cohabiter d'abord,
collaborer et s'enrichir ensuite, filles et garçons dans
une activité à connotation féminine.
La démarche proposée est exemplaire d'une entrée
des filles et des garçons, à partir de leurs réponses
spontanées dans la GRS, à laquelle on garde toute
sa richesse éducative spécifique. Il ne s'agit pas
en l'occurrence de laisser chaque sexe s'enfermer dans ses stéréotypes
mais de "vivre conjointement les dimensions du masculin et
du féminin" et donc de dépasser les stéréotypes
sociaux. |
| "MER
CALME OU AVIS DE TEMPETE" (fichier .pdf, 156Ko)
Karine Rimet Contrepied n°13 novembre 2003,
p.42 |
L'article choisi nous semble
novateur dans la façon de faire entrer tous les élèves
dans un processus de création.A partir d'un objectif et
la mise en perspective de contenus ambitieux: "évoquer
différents états de la mer: calme, fluidité,
agitation de l'eau, tempête (thème choisi par les
élèves à partir d'une photographie), l'enseignante
constate une situation de blocage: "les élèves
savent ce qu'ils veulent évoquer mais ne savent pas comment
le faire".Devant cette situation, l'enseignante ne révise
pas les contenus à la baisse mais construit un détour
qui a pour but d'armer les élèves pour répondre
aux contraintes des contenus mis en perspective. Ce détour
est significatif d'une progression, degré par degré,
de conquête d'une gestualité expressive et d'entrée,
avec une déstabilisation acceptable dans la présentation
à autrui des trouvailles. L'ensemble fait la démonstration
que des contenus ambitieux sont accessibles à tous à
condition d'organiser le cheminement pas à pas permettant
à chaque élève de progresser sans décrocher;
Cette phase d'entrée dans des apprentissages nous semble
encore aujourd'hui, dans la majorité des cas, insuffisamment
pensée. |
"RINGARDE
LA GYM, PAS FORCEMENT !" (fichier .pdf, 62Ko)
Sylvaine Duboz Contrepied N°12 Mars 2003 p.41. |
L'article a été
retenu car il est exemplaire de la démarche suivie par
un groupe d'enseignants pour apporter, en innovant, une réponse
à la situation constatée dans les AS de leur département
: une chute significative des AS gym.
Face à cette situation et au refus de l'accepter, un groupe
de collègues, convaincus de l'apport irremplaçable
de la gymnastique, s'investit dans un travail en profondeur pour
trouver une issue :
- ils rechechent des explications à la baisse des effectifs
et formulent un diagnostic: "la désaffection pour
la gym est la conséquence d'une conception aseptisée
de la gym par l'UNSS nationale: centration sur le simple et le
correct, des enchaînements d'éléments maintenant
les débutants dans une pratique peu acrobatique, évaluation
mettant l'accent sur "le mal fait".
- Ils s'attachent, à partir de là, à construire
une autre façon de pratiquer la gym dont l'orientation
est la recherche d'une activité signifiante pour les élèves,
quelque soit leur niveau dont les caractéristiques essentielles
sont :
*une pratique en mixité,
*une voie d'entrée par l'acrobatie,
*des éléments gymniques isolés valorisant
la prise de risque (avec évidemment des dispositifs matériels
adaptés),
*des modalités d'évaluation originales : prise en
compte de ce qui est réellement fait, distinction entre
la réalisation et l'exécution; la
réalisation est appréciée de façon
binaire: l'élément est fait ou pas fait; l'exécution,
jugée à partir de trois critères est additive.
Elle est assurée par tous les élèves quelque
soit leur niveau.
- Ils diffusent en permanence le résultat de leur réflexion
auprés de la totalité des collègues du département
(diffusion rendue possible grâce au soutien de la direction
départementale de l'UNSS).
- Ils concoivent une validation pédagogique de leurs propositions:
remontée du nombre de pratiquants et diffusion de propositions
"pour construire une gymnastique alternative en EPS". |
AVANT
J'ETAIS PAS SPORT CO. (fichier .pdf, 86 Ko)
F.Ouitre Contrepied N°10 mars 2002, p.11,12. |
Le cheminement d'un jeune
collègue qui se présente lui-même comme "n'étant
pas sport-co" et qui n'a pu combler ce manque durant sa formation
initiale, est intéressant pour lister les conditions favorables
à une transformation novatrice des contenus enseignés.
- D'abord, notre collègue s'est attaché à
acquérir un vécu en volley-ball puisqu'il s'agit,
en l'occurrence de ce sport. Dans une équipe, adaptée
à son niveau de pratique, il a pris du plaisir à
jouer.
- Il s'est ensuite confronté aux documents didactiques
existants dont il souligne, au passage, la complexité de
compréhension pour les non-spécialistes.
Mais subsistait un problème majeur: que faut-il enseigner
à l'école? Quels éléments retenir
comme incontournables?
- L'intégration dans une équipe qui a un projet
d'EPS et qui s'est notamment mise d'accord sur des épreuves
d'évaluation lui apporte les réponses dont il avait
besoin:
Ces épreuves, hiérarchisées en fonction des
niveaux des élèves, sont centrées sur une
évaluation de la circulation de la balle en attaque et
sur le sens que les élèves donnent à cette
circulation. " Ces situations posent de manière serrée
et identifiables des alternatives". Motivantes pour les élèves
car concernant l'attaque, elles les centrent sur un "code
de communication".
- Qu'est-ce-que ça change pour l'enseignant? Un passage
de jugements ou d'injonctions du type: " tu es mal placé
ou fléchis tes jambes" à des interventions
pour aider les élèves à construire progressivement
la circulation efficace du type: "Comment X doit passer pour
permettre à Y de recevoir la balle dans telles conditions?"
Cette dernière remarque montrant de façon particulièrement
explicite qu'il ne peut y avoir de trans formations de méthodes
et d'attitudes pédagogiques sans transformations des contenus
enseignés. |
| DES
EVENEMENTS SPORTIFS DANS LES YVELINES. (fichier .pdf, 87 Ko)
F.Raimbault Contrepied N°9 octobre 2001, p.40,41. |
"Des évènements
sportifs dans les Yvelines" est significatif de ce que Joffre
Dumazedier (et coll.) appelait dans "regards neufs sur le
Sport" l'apprentissage d'une culture sportive. Rappelons
en d'abord la définition : "la culture sportive
est un ensemble de notions et de valeurs nécessaires à
l'éducation du sportif par le sport et à l'organisation
du sport par les sportifs eux-mêmes". L'auteur poursuit
en précisant que ces valeurs ne s'apprennent pas par des
discours sur les vertus éducatives du sport mais à
travers les pratiques elles-mêmes.
Comment les collègues des Yvelines s'y prennent-ils pour
transmettre des éléments de culture sportive ?
- Prenant en compte le fait que la culture sportive est une partie
de la vie réelle de leurs élèves, ils combinent
deux évènements : les olympiades et le gala
; les olympiades valorisent avec des règlements adaptés
des activités de découverte, le gala accueille sur
la scène d'un théâtre les AS danse du district ;
ces choix tentent de répondre à une question :
"comment dépasser l'affrontement et rendre nos élèves
complices" ?
- Les élèves sont ensuite partie prenante de l'organisation,
de l'arbitrage et de l'évaluation. Outre l'intégration
des règles par chacun, l'évaluation à partir
d'indicateurs précis vise une "connaissance de ce
qui est fait dans l'action" pour reprendre les propos de
Dumazedier.
- La constitution de groupes inter-AS et l'enseignement mutuel
poursuivent le même objectif en y ajoutant une visée
de formation sociale puisque la situation impose la nécessité
d'aide aux membres du groupe.
- Le goûter enfin contribue à la convivialité
c'est-à-dire à la création d'un climat amical.
J. Dumazedier, dans son ouvrage, insiste sur le fait que "le
sport n'est ni une religion, ni une morale, ni une doctrine sociale ;
il peut servir les plus nobles causes comme les plus basses" ;
la contribution des collègues des Yvelines permet de lister
quelques mesures à prendre pour que les pratiques sportives
deviennent véritablement éducatives. |
FAUT-IL
SAVOIR NAGER OU NAGER POUR SAVOIR ? (fichier .pdf, 111 Ko)
Une démarche d'éducation physique
et sportive en natation
JL Ubaldi. Contrepied n°7 octobre 2000, p
59 |
Les propositions de Jean-Luc
Ubaldi retiennent l'attention pour deux types de raisons:
- Les 1ères ont trait à la démonstration
qui est faite que même (on aurait envie d'ajouter surtout)
en ZEP avec une population d'élèves difficiles,
on peut développer une EPS exigeante et faire accéder
tous les élèves à des apprentissages fondamentaux.
- La 2ème est la théorisation de ses pratiques par
l'enseignant lui-même, ce qui lui permet de déboucher
sur une sorte de cahier des charges, véritable liste de
conditions à remplir pour une pédagogie efficace.
Cette façon de rendre compte de ses pratiques en dépassant
le simple récit et en les dégageant de leur "spécificité
concrète" les rend communicables et peut-être
généralisables.
Ces conditions établies à partir de pratiques enseignantes,
dans un collège difficile, définissent aussi une
"bonne"pédagogie quelque soit le lieu d'exercice.
Comme si les contraintes émanant du milieu dans lequel
il exerce imposait à l'enseignant de se libérer
des idées toutes faites ou des solutions souvent présentées
comme la panacée pour re-inventer les règles d'une
EPS véritablement efficace. |
LES
PROGRAMMES DE GYMNASTIQUE : UNE AIDE A LA DETERMINATION DE
COMPETENCES ET DE CONTENUS ?
M. Leguérinel, Contrepied N°6 janvier
2000, p.10,11,12,13. |
L'article a été
retenu car il est particulièrement significatif de l'attitude
d'un enseignant face à des propositions de programmes.
Les propositions présentées sont abordées
à partir de deux questions :
- S'agit-il de contenus réellement ambitieux?
- Sont-ils organisés pour que les élèves
apprennent ?
Au travers d'une étude attentive, se dégage progressivement
quelques règles pour déterminer des contenus scolaires :
- Il ne peut y avoir de formulation de contenus sans la référence
à une pratique sociale, qui donne sens aux apprentissages:
"jamais les élèves de banlieue et d'ailleurs
n'apprendront à adapter leur motricité ou à
construire leurs repères mais ils chercheront à
réaliser un salto".
- La notion de compétence est une aide à condition :
- "d'éviter la confusion entre
la forme du savoir-faire, les opérations qui le constituent
et l'activité du sujet",
- d'accepter la spécificité
des compétences: "créer des impulsions
ne peut être affiché comme une compétence
spécifique ou bien alors il faut préciser en
quoi une impulsion gymnique est différente d'une impulsion
en volley-ball",
- de construire la progressivité c'est-à-dire
" la complexificatin de la compétence affichée.
Or le texte ne traite que de modifications de réalisations
par modification du milieu et des des contraintes d'exécution.
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| UNE
INNOVATION : LE BAL AU LYCÉE (fichier .pdf, 80 Ko)
E.Véra, B.Warnant, lycée R.Doisneau,
Corbeil-Essonnes. Contr-pied N°8, mars 2001 |
Comment font les enseignants
pour faire accepter à des élèves d’un
lycée professionnel un cycle de danses collectives considérées
par eux comme une activité ringarde, réservée
aux vieux ?
- Ils finalisent le cycle par rapport à
une activité sociale reconnue et montrée à
l’ensemble de la communauté éducative
: le bal. C’est le bal qui donne sens au cycle.
- Ils enclenchent les apprentissages par
des danses « composées de rondes, de chaînes,
de côte à côte, de vis à vis »
facilement accessibles. Ce type de danses qui permet un «
faire immédiat » garantit une entrée dans
les apprentissages attrayante.
- L’activité d’apprentissage
est valorisée par la perspective d’enseignement
mutuel : on accepte les contraintes inhérentes à
tout apprentissage : répétitions, compréhension
etc. parce que l’on sait qu’il va falloir apprendre
à d’autres.
- Les « autres » auxquels on
va apprendre sont, en outre les élèves d’autres
classes avec leur spécificité et vis à
vis desquels on engage en quelque sorte son statut et sa personne
: enseignement général confronté à
l’enseignement professionnel, garçons confrontés
aux filles etc.
Ainsi le cycle danse collectives se trouve, non simplifié
sous prétexte de difficulté pour les élèves
mais « enchâssé » dans une activité
complexe qui donne du sens à la totalité de
son déroulement.
Si l’on réfère « le bal » aux
critères avancés ci-dessus on peut sans crainte,
avancer qu’il s’agit d’une innovation :
- parce qu’on est dans le cadre de l’EP,
les activités d’expression sont aussi programmées
avec des garçons et qui plus est avec des garçons
de LEP,
- tous les élèves sont confrontés
aux mêmes contenus ; ces contenus sont appris en responsabilité
voire en autonomie,
- ils visent explicitement une transformation
des représentations des élèves et des
relations interindividuelles dans l’établissement.
Comme le souligne Jean-Yves Rochex dans le N° déjà
cité : « l’exercice du métier
d’enseignant ne va pas de soi parce que pour enseigner,
il faut de plus en plus créer les conditions de possibilité
de l’enseignement. Le paradoxe c’est qu’on ne
peut le faire qu’en enseignant. »
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| RENDRE
POPULAIRE L'ART DE NAGER (fichier .pdf, 134 Ko)
Y.Renoux Contrepied N°7, octobre 2000
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Quelles propositions
pour un EP aquatique ?
- Une référence originale qui "n'est pas seulement
la natation sportive orientée vers le toujours plus vite"
mais "un ensemble large de pratiques sociales" comprenant
des pratiques de différents types et dans différents
milieux. Ce vaste éventail devant permettre à chacun
de s'orienter vers la pratique spécialisée de son
choix.
- Une conception ambitieuse des contenus, n'édulcorant
pas les pratiques à risques en jouant sur le couple "risque/sécurité".
- Une forme coopérative de l'acquisition des contenus combinant
le "savoir-faire" au "savoir ce que l'on fait"
et "ce qu'il faudrait faire" pour pouvoir aider les
autres et échanger avec eux. |
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